Terminologie |
Deuxième édition (révisée)
Direction générale de l'industrie,
Ottawa, 1995 |
© Ministre des Ressources naturelles Canada 1995ISBN 0-662-61680-4 Numéro de catalogue Fo42-170/1995 Il est possible d'obtenir sans frais des exemplaires de cette publication auprès de: Ressources naturelles Canada Téléphone : (819) 997-1107 Des microfiches ou copies de cette publication sont en vente chez: Micromédia Ltée 2e édition compilée par François Sauvageau, ing. for. Données de catalogage avant publication (Canada) Vedette principale au titre : Terminologie de la sylviculture au Canada Deuxième édition. Texte en français et en anglais disposé tête-bêche. 1. Forêts et sylviculture Canada Terminologie. SD126.S28 1995 634.9'5'03 C95-980098-0E |
Remerciements La deuxième édition de la Terminologie de la sylviculture au Canada constitue une version étendue de la première version. De nombreux termes utilisés dans le contexte de la sylviculture au Canada ont été ajoutés au contenu de la première édition de façon à couvrir tous les domaines usuels de la pratique de la sylviculture. Une révision détaillée de la version préliminaire de cette deuxième édition a été effectuée par un groupe de spécialistes en sylviculture représentant lensemble des conditions forestières du Canada. Nos remerciements vont à Jim Ball, Lisa Buse, Rob Cameron, Bob Currell, S.W.J. Dominy, Willard H. Fogal, Andrew Grauman, Richard H. Kendall, Janet Lane, Victor Lieffers, R.L. Macnaughton, Michael D. Meagher, E.K. Morgenstern, Donald N. Nixon, G.R. Powell, Jim Richardson, Victor G. Smith, W.M. Stiell, Roy F. Sutton, Brad Sutherland, Al Todd, Jim Wood et Christopher W. Yeatman pour leur collaboration à lédition du texte anglais, ainsi quà Jean-Marie Binot, Jean-Louis Brown, Sophie Calmé, René Doucet, Alain Fortin, Jean-Guy Ruel et Réjean Talbot, pour la révision scientifique du texte français. |
Introduction Telle quelle se pratique au Canada, la sylviculture a évolué en réaction à des besoins locaux ou régionaux. On comprendra donc que sa terminologie prenne diverses couleurs locales et régionales. Or, pour brosser un tableau précis de la sylviculture au Canada, à partir de statistiques recueillies un peu partout au pays, la terminologie a besoin dune certaine cohérence. La présente publication veut doter le secteur forestier canadien dans son ensemble dune terminologie commune. Certains aspects spécialisés de la sylviculture tels que les techniques de reproductions ont été omis de cette première édition, qui ne se prétend ni définitive ni exhaustive. Plusieurs définitions du glossaire mentionnent des variantes régionales des acceptions et de lusage. Les méthodes et la terminologie de la sylviculture évoluent constamment. Les auteurs savent que lon trouvera des défauts dans la terminologie et lusage proposés. Ils accueilleront les observations et les recommandations constructives que lon voudra bien leur faire parvenir à ladresse suivante :
Service canadien des forêts |
Première partie Survol des pratiques sylvicoles Outre la description rapide des pratiques sylvicoles au pays, le présent survol a pour but dexpliquer le contexte dans lequel se meut la terminologie de la sylviculture au Canada. À larrière-plan de nos pratiques sylvicoles, on discerne le recul des forêts vierges et le besoin, mondialement ressenti comme de plus en plus fort, de toutes sortes de produits et davantages que lon tire de la forêt. Un triple constat simpose : dabord, il devient nécessaire de faire croître le bois, de le cultiver plutôt que de le dénicher; deuxièmement, la sylviculture doit sintensifier; enfin, il faut apprendre à concilier les demandes des différents utilisateurs de la forêt. On peut augmenter le rendement en bois dun peuplement forestier en :
Ces façons daugmenter le rendement en bois sappliquent à léchelle du peuplement, pour changer la structure et la dynamique de chaque peuplement. Or, les forêts sont constituées de beaucoup de peuplements, qui sont habituellement regroupés en une unité daménagement pour les besoins de la planification. Laménagement forestier comporte la prise de mesures (cest-à-dire protection, reboisement, soins culturaux, programme des coupes [localisation, assiette et calendrier] et planification de lutilisation intégrée) de toute lunité daménagement. La sylviculture nest pas synonyme daménagement. Elle comprend les mesures prises à léchelle de chaque peuplement pour renouveler et améliorer la forêt afin datteindre les objectifs daménagement touchant la matière ligneuse, la faune, les loisirs, les paysages, la conservation et la gestion de leau. |
Historique De 1910 à 1950, la sylviculture au Canada sest surtout préoccupée de planter des arbres sur les exploitations agricoles des Prairies ainsi que sur les terres agricoles abandonnées de lest du pays. Dans les forêts publiques, on se fiait à la régénération naturelle qui succédait à la coupe. De 1950 à 1970, on sest efforcé daider la régénération naturelle en modifiant les méthodes de coupe, en scarifiant et en préparant des prescriptions sylvicoles de nature écologique pour favoriser la régénération naturelle. On a alors mis sur pied des programmes de plantation et damélioration des arbres. Au cours des années 70 et 80, on a insisté sur la plantation darbres de qualité et sur le traitement des terres insuffisamment reboisées, y compris lutilisation accrue des herbicides (Weetman, 1982). De 1980 à 1990, les programmes de plantation se sont amplifiés au point denglober le quart de la superficie annuellement coupée, qui est denviron 900 000 ha (Kuhnke, 1989). Dans certaines provinces, on distingue les travaux obligatoires de base exigés sur les permis ou les concessions jusquà ce que la régénération soit bien établie, autonome, et les pratiques sylvicoles dappoint ou intensives qui visent à améliorer et à accélérer les performances des peuplements. À lorigine, la plupart des programmes sylvicoles ont été réalisés par des organismes de lÉtat. Au cours des années 80, avec la privatisation de ces programmes, les entreprises privées de sylviculture ont rapidement prospéré. De plus en plus, on insiste sur la conception et ladaptation des programmes daménagement et de sylviculture aux structures dâge des forêts afin dassurer la continuité de la production de bois. Dès 1990, la plus grande partie de la possibilité forestière excédentaire des provinces avait été absorbée par la nouvelle expansion industrielle. La plupart des opérations de coupe se poursuivent et se poursuivront dans les vieilles forêts vierges, mais celles-ci seront bientôt épuisées. Auparavant, les pratiques sylvicoles étaient soucieuses presque exclusivement de la réussite de la régénération. On en est maintenant à un dosage plus équilibré et mieux conçu de régénérations et de travaux sylvicoles, à partir de prescriptions sylvicoles établies antérieurement à la récolte. Ce changement dorientation a fait converger lattention vers la coupe déclaircie précommerciale, lélagage, lamélioration des arbres, la coupe déclaircie commerciale et la fertilisation en vue de lobtention de peuplements de qualité dans le délai imposé par le recul des réserves de forêts anciennes. Comme le public se préoccupe de plus en plus de laspect visuel et des effets écologiques de la coupe à blanc (la principale méthode de récolte), les programmes sylvicoles cherchent de plus en plus à sappuyer sur des méthodes de rechange convenables qui satisfont aux contraintes de lutilisation intégrée imposées par les demandes du public, celles des aménagistes de la faune, des loisirs, des bassins hydrographiques et par la nécessité dune régénération couronnée de succès. |
Sylviculture intensive Après létablissement du peuplement, on peut améliorer la valeur du bois que lon en tirera ainsi que la valeur des autres ressources de la forêt en faisant appel à la sylviculture intensive. Coupes déclaircie précommerciales Un peuplement ne peut produire quun volume donné de bois dans lannée, lorsque la station est complètement occupée par les arbres. Léclaircie précommerciale vise donc à réduire le nombre darbres pour concentrer la production en volume sur un nombre plus restreint dindividus despèces recherchées. Ces coupes sont pratiquées manuellement, au moyen de scies débroussailleuses et de tronçonneuses ou, mécaniquement, au moyen de scies ou de fléaux montés sur des tracteurs. On homogénéise ainsi le peuplement, on accroît la taille moyenne des arbres, et on réduit lâge dexploitabilité. La mécanisation est très difficile et très coûteuse. Souvent, il faut plus dune journée-personne à lhectare. Malgré les coûts élevés, la pratique est répandue, puisque en accélérant lexploitation des jeunes peuplements on peut également accélérer la récolte des vieux peuplements surannés de lunité daménagement, ce qui rapporte plus que ce quil faut pour éponger les coûts de léclaircie précommerciale. Cela permet également dabaisser les coûts de lexploitation et daugmenter la valeur des produits. On améliore souvent en même temps lhabitat faunique et les valeurs esthétiques de la forêt. Faute déclaircie précommerciale, les peuplements qui occupent des stations peu fertiles peuvent ne jamais être exploitables. Les peuplements traités peuvent conserver jusquà la récolte la densité de tiges ainsi obtenue, ou ils peuvent subir ultérieurement une ou plusieurs éclaircies commerciales. On qualifie la pratique de précommerciale parce quelle est appliquée peu après la fermeture du couvert, cest-à-dire le moment où les cimes se joignent. Les arbres sont alors relativement petits et aucun débouché nexiste pour le bois coupé. Coupes déclaircie commerciales Jusquà 30 % du volume total de production dun peuplement peut être perdu du fait de la mortalité provoquée par la concurrence (cest-à-dire que les petits arbres des peuplements denses meurent faute despace). Léclaircie commerciale constitue un moyen de récupérer cette perte et de tirer un premier revenu dun peuplement, par la récolte des arbres suffisamment gros pour posséder une certaine valeur. Dans la pratique, il est presque impossible dempêcher tout à fait les pertes dues à la mortalité potentielle parce quil faudrait que les éclaircies soient légères et répétées si chaque éclaircie doit laisser des volumes résiduels suffisants pour maintenir la vitesse de croissance du peuplement. En raison de leur coût élevé et des conditions actuelles du marché canadien, la plupart des éclaircies ne sont pas rentables. En effet, elles sont le plus souvent légères et répétées, et leur produit ne peut pas être mis en marché. Même une éclaircie unique n'est pas toujours économique. Les éclaircies commerciales sont plus susceptibles dêtre économiques si la densité des tiges a été réglée dès limplantation ou au moyen déclaircies précommerciales. Actuellement, les éclaircies commerciales sont très peu pratiquées au Canada, surtout parce que la densité et la composition en essences sy prêtent peu, parce que le coût de léclaircie est élevé et que la valeur du bois sur pied est faible. Élagage et taille de formation Après avoir réduit la densité des tiges dans les peuplements au point où, même sils sont jeunes, on peut reconnaître les arbres qui vaudront la peine dêtre récoltés, lélagage devient une possibilité. Grâce à lélagage, on valorise chaque arbre en supprimant prématurément les branches inférieures de sorte quun bois net de nuds se formera autour dun cur noueux. Les branches de plusieurs essences utiles ne sélaguent pas de façon spontanée et persistent sur la tige même après la mort de larbre due au manque de lumière. Les branches vivantes et mortes sont coupées au ras du tronc au moyen de scies à main, la mécanisation étant très difficile. Lélagage répété est nécessaire afin dassurer une forme cylindrique au cur noueux sans trop supprimer de branches vivantes de la cime. Lopération est très coûteuse et, pour quelle soit économique, il faut que la valeur sur pied du bois net de nuds soit considérablement plus grande que celle du bois noueux et que le peuplement ait été soumis à une éclaircie. Comme ces conditions sont rares au Canada, lélagage reste peu pratiqué. Avec laugmentation du nombre de peuplements soumis à des éclaircies précommerciales et avec lépuisement des réserves de vieux bois net de défauts, lélagage deviendra économiquement plus attrayant. Le traitement exige un délai de 20 à 30 ans avant quun arbre puisse produire un volume suffisant de bois net de nuds. Les essences qui y sont le plus communément soumises sont le pin blanc et le douglas taxifolié. La taille de formation est une opération pratiquée dans les plantations darbres de Noël : on façonne larbre pour en faciliter la vente. Lopération se fait au moyen de cisailles. Les pins sont traités au cours de la croissance des pousses apicales. Les autres conifères sont taillés après la formation des bourgeons. Lamélioration dun peuplement, cest la suppression, par la coupe ou par des substances toxiques, de certains arbres difformes et indésirables dans un vieux peuplement. On y recourt habituellement dans les peuplements de feuillus qui nont pas été entretenus, qui renferment des arbres dune valeur certaine mêlés à des arbres moins précieux. Habituellement, cette pratique ne produit aucun revenu, sauf peut-être du bois de chauffage. Il sagit de privilégier la capacité de croissance des arbres les plus précieux, sans réduire à outrance le volume du matériel sur pied et sans perte daccroissement. Lest du Canada est couvert de très vastes forêts de feuillus tolérants, dont on a souvent écrémé les arbres ayant la plus grande valeur. Délabrés, ces peuplements doivent être améliorés. Actuellement, ce type de traitement est peu pratiqué en raison des coûts élevés et de labsence de revenus immédiats. On peut accélérer la croissance des arbres et des peuplements par un apport supplémentaire déléments nutritifs essentiels. Contrairement aux cultures agricoles, les écosystèmes forestiers recyclent les éléments nutritifs. Pourtant, ce qui limite la croissance des peuplements forestiers, ce sont dabord les éléments nutritifs disponibles, avant le climat, la température ou lhumidité. Lépandage dengrais granulés se fait à partir dhélicoptères sur des peuplements forestiers choisis, et constitue une opération coûteuse. Comme le bois supplémentaire obtenu au moyen de la fertilisation est dun coût élevé, les arbres ainsi traités doivent former le peuplement final (un peuplement éclairci à la densité finale des tiges) et la valeur du bois sur pied doit être élevée. Une condition favorable serait un déficit du volume du peuplement dans certaines classes dâge de lunité daménagement. Il importe de savoir que le peuplement pourra bien réagir au traitement. La plupart des peuplements sont fertilisés après la fermeture du couvert, habituellement à la densité finale des tiges. On fertilise aussi à la plantation ou immédiatement après. Pour que lopération soit couronnée de succès, il faut combattre la végétation concurrente et poser un diagnostic juste de léquilibre nutritif de la régénération. Le drainage des stations, notamment des sols organiques, recèle la vaste possibilité daméliorer laccroissement des peuplements. Même sil est largement pratiqué dans les forêts boréales de la Finlande où on manque de bois et de terrains pour le faire croître, au Canada on lutilise uniquement à titre expérimental, habituellement dans les muskegs à épinettes noires. À cette fin, on utilise des charrues forestières géantes ou des rétrocaveuses de conception spéciale. Lécartement entre les fossés de drainage et la profondeur de ces derniers doivent correspondre rigoureusement aux caractéristiques hydrologiques ainsi quà la classification de la matière organique. |
Pratiques sylvicoles spéciales La plupart des pratiques de sylviculture intensives visent à améliorer la production de bois. Il en existe qui visent dautres objectifs. Laménagement des vergers à graines Ce type daménagement vise à maximiser la production de cônes. Par le drainage, on limite lhumidité du sol; par lirrigation au moyen de conduites verticales de pulvérisation, on retarde la formation des bourgeons jusquà ce que les sources locales de pollen aient cessé de produire; par lapplication répétée dengrais azotés et la cicatrisation basale, on stimule la formation des bourgeons à fleurs femelles; par la taille radicale du houppier, on facilite la cueillette des cônes. Enfin on a recours à lamélioration génétique par pollinisation croisée, ainsi quaux tests de descendance et à lélimination des sujets insatisfaisants. La gestion des pépinières forestières comprend plusieurs techniques spécialisées qui se rapprochent plus de lagronomie que de la sylviculture. Chaque pépinière fait face à certains problèmes qui doivent être résolus à force dessais et derreurs. Les semis en croissance en plein air sont généralement issus de semences et sont à racines nues, cest-à-dire que leurs racines seront séparées de leur milieu de croissance quand ils seront transportés sur le terrain de reboisement. Le rétablissement du contact entre les racines et le sol constitue une phase cruciale et comporte un inconvénient fondamental puisque la plantation ne peut seffectuer quau cours dune courte période correspondant à la croissance rapide des racines. Les autres techniques de production de semis forestiers, soit les boutures végétatives et les plants en récipient, ont connu, surtout pour la dernière méthode, une croissance phénoménale au cours des dernières années. Sylviculture des zones de loisir et sylviculture paysagère Ces formes de sylviculture comportent lamélioration des peuplements, les éclaircies précommerciales et commerciales de même que laménagement de la végétation afin de répondre aux besoins des campeurs, des excursionnistes et des automobilistes qui passent en touristes dans les parcs, dans les aires de loisirs ainsi que dans les forêts commerciales. Les critères de laménagement paysager exigent souvent des modifications majeures de la disposition des parterres de coupe, du choix du régime sylvicole et même du choix des essences plantées. Lélagage des arbres sur le bord des routes forestières permet dapercevoir lintérieur des peuplements. Ces derniers sont délibérément façonnés par les pratiques sylvicoles afin daméliorer lhabitat de la faune. À léchelon du peuplement, on a recourt à la coupe déclaircie précommerciale et commerciale de même quà la fertilisation afin dencourager la production fourragère sous le couvert forestier, au traitement de jardinage le long des cours deau afin de protéger les habitats riverains et maintenir la fraîcheur de leau ainsi quà labandon délibéré des chicots, des arbres morts et des arbres loups, afin de favoriser la nidification. Pour favoriser la pousse du fourrage et retarder le processus naturel de succession, on allume des incendies dirigés sur les superficies coupées à blanc, sur les prairies forestières et dans les peuplements. Lensemencement de graminées est une pratique commune sur les superficies coupées à blanc sur les parcours ouverts de lOuest où les bovidés pâturent. |
Relevés sylvicoles et tenue
de registres Lune des caractéristiques essentielles de la foresterie réside dans la planification des mesures sylvicoles de façon à satisfaire aux objectifs daménagement envisagés par les propriétaires. La planification exige une excellente tenue des registres ainsi que le contrôle des performances des peuplements au moyen de relevés. Les relevés sylvicoles peuvent porter sur la régénération et les retards dans le reboisement, sur la plantation des semis et leur établissement. Toutes ces données sont intégrées à des registres qui tracent lhistorique des peuplements, ces registres étant à leur tour des éléments des systèmes de planification et dinventaire de la forêt. Après toute coupe à blanc, il faut faire des relevés sylvicoles au cours des 10 à 40 années que prend le nouveau peuplement pour atteindre la fermeture du couvert. Pour le Canada, cela signifie une charge annuelle de travail sur un à trois millions dhectares. Ces relevés peuvent seffectuer sur le terrain ou par une forme quelconque de télédétection. Dans le premier cas, il peut sagir dune simple promenade ou dun échantillonnage sur de nombreuses petites placettes, temporaires et permanentes, établies selon un quadrillage des superficies coupées. On y examine la fréquence des essences ainsi que la densité et la hauteur des tiges, et on note la présence dinsectes, de maladies et dautres dégâts, ainsi que la concurrence des espèces indésirables. Comme la plupart des forêts commerciales du Canada sont concédées à bail pour la récolte du bois, les concessionnaires étant légalement tenus dassurer une régénération ou damener les semis au stade de lautonomie de croissance, les relevés équivalent à des inspections des performances. Dans certaines provinces, on en confie le soin à des vérificateurs agréés par la province. Les systèmes où lon prend en note les données sur les antécédents des peuplements sont habituellement des systèmes de stockage et dextraction informatisés qui sappliquent à un peuplement à la fois. Souvent accouplés à un système dinformation géographique et à un système plus général et intégré de planification et dinventaire de la forêt, ils sont mis au point et entretenus par des sociétés autorisées ainsi que par les administrations provinciales. Le Canada ne possède pas de système national denregistrement des antécédents des peuplements. |
Préparation des plans daménagement Le dernier grand volet de la sylviculture, si on excepte les aspects administratifs et juridiques de la passation de marchés, dont il ne sera pas question ici, cest la préparation des plans daménagement. Cette pratique sylvicole consiste a évaluer les peuplements pour mesurer le matériel sur pied, la structure du peuplement, la composition en essences, la fertilité et le régime de lhumidité, lampleur de la régénération, la situation des lits de germination et des sources de semence, lembroussaillement, la valeur sur le plan du paysage, des loisirs et des habitats fauniques; à planifier limplantation du peuplement et les soins culturaux; à rédiger des prescriptions détaillées; à mettre en uvre les mesures prévues et à surveiller leur exécution, à léchelon du peuplement; et à déterminer les répercussions de ces travaux sur les objectifs fixés pour lensemble de la forêt. Ces analyses et prescriptions formelles sont obligatoires dans certaines provinces pour chaque superficie coupée et elles doivent être signées par un ingénieur forestier (des milliers sont exigées chaque année). Elles sont devenues nécessaires en raison des controverses soulevées par lutilisation intégrée des forêts (bois, loisirs, faune, sites, conservation de la nature) et parce que la variabilité et la complexité biologiques des forêts nautorisent pas de traitements normalisés. Linventaire du peuplement correspond à diverses solutions de rechange, toutes possibles, pour laménagement du peuplement, solutions qui répondent aux objectifs des propriétaires et qui sont économiques. On retient la meilleure et on élabore un plan pluriannuel détaillé de mise en uvre, avec recommandations sur les prix et les détails de la marche à suivre. Tout ce processus ressemble au travail effectué par les ingénieurs et les architectes. La préparation et lexécution réussie dun plan de travaux sylvicoles est le test ultime pour démontrer le professionnalisme et la capacité dun sylviculteur canadien. |
Bibliographie Daniel, T.W.; Helms, J.A.; Baker, F.S. 1979. Principles of silviculture. McGraw-Hill Book Co., New York. Fowells, H.A., editor. 1965. Silvics of forest trees of the United States. USDA, Forest Service Agriculture Handbook No. 271. Kuhnke, D.H. 1989. Statistiques sylvicoles canadiennes : résumé couvrant une période de 11 ans. Forêts Canada, Rapport dinformation NOR-X-301F. 81 p. Smith, D.M. 1986. The practice of silviculture. 8th ed. John Wiley & Sons, New York. USDA (U.S. Department of Agriculture). 1974. Seeds of woody plants in the United States. USDA, Forest Service Agriculture Handbook No. 450. Walstad, J.D.; Kuch, P.J. 1987. Forest vegetation management for conifer production. John Wiley & Sons, New York. Weetman, G.F. 1982. The evolution and status of Canadian silviculture practice. The Forestry Chronicle 58(2): 74-78. |
Deuxième partie Les entrées de ce glossaire sont classées alphabétiquement. En quelques cas, les termes ou qualificatifs sappliquant à un concept (par exemple classe de cime) sont groupés afin quil soit plus facile de les comparer. Chacun de ces termes (par exemple dominant) est tout de même inscrit à sa place alphabétique avec renvoi au terme principal. De nombreuses expressions ont des synonymes et ceux-ci sont également inscrits à leur place avec renvoi au terme principal dans le cas où lordre alphabétique lexige. Le numéro entre parenthèses qui suit les définitions réfère aux sources des définitions, dont on trouve la liste ci-dessous (les définitions non suivies de numéro ont été rédigées pour le présent ouvrage). Ces définitions sont une traduction de langlais, lesquelles ont en bien des cas été paraphrasées ou modifiées pour assurer luniformité de la publication. Cette remarque sur les sources vaut particulièrement pour la troisième, cest-à-dire Ford-Robertson. Cet ouvrage possède en effet un équivalent français, celui de Métro, qui réfère à celui de Ford-Robertson par un système de référence universelle, mais dont les définitions sen démarquent souvent. Les définitions présentées ici font de nombreux emprunts à louvrage de Métro, mais elles se bornent la plupart du temps à suivre la formulation anglaise. Louvrage de Métro et celui de Delpech et collab. ont été particulièrement consultés pour létablissement de la terminologie française. Par ailleurs, tout transfert de langue exige une certaine adaptation. Ainsi au mot plantation, qui traduit le mot planting, la troisième acception a été ajoutée en français. En effet, le sens de plantation comme résultat de laction de planter simpose de lui-même en français, tandis que le terme anglais planting nexprime que laction. Le terme duff na pas déquivalent précis en français. À litière, on précise que ce terme sert à traduire duff, dont le concept englobe celui de litière plus la couche superficielle de lhumus, et, à humus, que ce terme sert également à traduire duff. Les termes anglais system et method sont traduits soit par régime, soit par mode de régénération, ou encore par méthode, et parfois ils ne sont pas traduits. Certains choix ont dû être faits pour ce qui est des synonymes. Citons parmi les plus intéressants le terme station qui a été choisi comme entrée principale pour traduire langlais site, bien que le mot français site soit très courant au Québec, et lexpression mode de régénération que lon remplace souvent par système. Le terme semis est le premier choix pour traduire seedling et il est accompagné de son synonyme plant. Pour traduire seeding, la préférence a été donnée à ensemencement et le terme semis donné comme second choix. Ces synonymes sont tous inscrits à leur place alphabétique. 1. Adams, D.L., et al. 1989. Recommended changes in silviculture terminology. Unpublished. Silviculture Instructors Subgroup, Silviculture Working Group (D2), Society of American Foresters. Washington, DC. 2. Crcha, J.; Martel, J.; Savard, J. 1977. Normes de traitements sylvicoles. Ministère de lÉnergie et des Ressources, Québec. 3. Ford-Robertson, F.C. 1971. Terminology of forest science, technology practice and products. Society of American Foresters, Washington, DC. 4. Forestry Statistics and Systems Branch, Canadian Forestry Service. 1984. Reporting and summarizing forestry change dataManitoba pilot study. Petawawa National Forestry Institute, Chalk River, Ont. Inf. Rep. PI-X-36. 5. Haddon, B.D. 1988. Terminologie de lInventaire des forêts du Canada. 3e éd. Comité de lInventaire des forêts du Canada, Forêts Canada. 113 p. 6. Merrill, D.F.; Alexander, M.E., editors. 1987. Glossary of forest fire management terms. 4th ed. National Research Council of Canada, Canadian Committee on Forest Fire Management, Ottawa. 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