Terminologie |
Deuxième édition (révisée)
Direction générale de l'industrie,
Ottawa, 1995 |
© Ministre des Ressources naturelles Canada 1995 Il est possible d'obtenir sans frais des exemplaires de cette publication auprès de: Ressources naturelles Canada Téléphone : (819) 997-1107 Des microfiches ou copies de cette publication sont en vente chez: Micromédia Ltée 2e édition compilée par François Sauvageau, ing. for. Données de catalogage avant publication (Canada) Vedette principale au titre : Terminologie de la sylviculture au Canada Deuxième édition. Texte en français et en anglais disposé tête-bêche. 1. Forêts et sylviculture — Canada — Terminologie. SD126.S28 1995 634.9'5'03 C95-980098-0E |
Remerciements La deuxième édition de la Terminologie de la sylviculture au Canada constitue une version étendue de la première version. De nombreux termes utilisés dans le contexte de la sylviculture au Canada ont été ajoutés au contenu de la première édition de façon à couvrir tous les domaines usuels de la pratique de la sylviculture. Une révision détaillée de la version préliminaire de cette deuxième édition a été effectuée par un groupe de spécialistes en sylviculture représentant l’ensemble des conditions forestières du Canada. Nos remerciements vont à Jim Ball, Lisa Buse, Rob Cameron, Bob Currell, S.W.J. Dominy, Willard H. Fogal, Andrew Grauman, Richard H. Kendall, Janet Lane, Victor Lieffers, R.L. Macnaughton, Michael D. Meagher, E.K. Morgenstern, Donald N. Nixon, G.R. Powell, Jim Richardson, Victor G. Smith, W.M. Stiell, Roy F. Sutton, Brad Sutherland, Al Todd, Jim Wood et Christopher W. Yeatman pour leur collaboration à l’édition du texte anglais, ainsi qu’à Jean-Marie Binot, Jean-Louis Brown, Sophie Calmé, René Doucet, Alain Fortin, Jean-Guy Ruel et Réjean Talbot, pour la révision scientifique du texte français. |
Introduction Telle qu’elle se pratique au Canada, la sylviculture a évolué en réaction à des besoins locaux ou régionaux. On comprendra donc que sa terminologie prenne diverses couleurs locales et régionales. Or, pour brosser un tableau précis de la sylviculture au Canada, à partir de statistiques recueillies un peu partout au pays, la terminologie a besoin d’une certaine cohérence. La présente publication veut doter le secteur forestier canadien dans son ensemble d’une terminologie commune. Certains aspects spécialisés de la sylviculture tels que les techniques de reproductions ont été omis de cette première édition, qui ne se prétend ni définitive ni exhaustive. Plusieurs définitions du glossaire mentionnent des variantes régionales des acceptions et de l’usage. Les méthodes et la terminologie de la sylviculture évoluent constamment. Les auteurs savent que l’on trouvera des défauts dans la terminologie et l’usage proposés. Ils accueilleront les observations et les recommandations constructives que l’on voudra bien leur faire parvenir à l’adresse suivante :
Service canadien des forêts |
Première partie Survol des pratiques sylvicoles Outre la description rapide des pratiques sylvicoles au pays, le présent survol a pour but d’expliquer le contexte dans lequel se meut la terminologie de la sylviculture au Canada. À l’arrière-plan de nos pratiques sylvicoles, on discerne le recul des forêts vierges et le besoin, mondialement ressenti comme de plus en plus fort, de toutes sortes de produits et d’avantages que l’on tire de la forêt. Un triple constat s’impose : d’abord, il devient nécessaire de faire croître le bois, de le cultiver plutôt que de le dénicher; deuxièmement, la sylviculture doit s’intensifier; enfin, il faut apprendre à concilier les demandes des différents utilisateurs de la forêt. On peut augmenter le rendement en bois d’un peuplement forestier en :
Ces façons d’augmenter le rendement en bois s’appliquent à l’échelle du peuplement, pour changer la structure et la dynamique de chaque peuplement. Or, les forêts sont constituées de beaucoup de peuplements, qui sont habituellement regroupés en une unité d’aménagement pour les besoins de la planification. L’aménagement forestier comporte la prise de mesures (c’est-à-dire protection, reboisement, soins culturaux, programme des coupes [localisation, assiette et calendrier] et planification de l’utilisation intégrée) de toute l’unité d’aménagement. La sylviculture n’est pas synonyme d’aménagement. Elle comprend les mesures prises à l’échelle de chaque peuplement pour renouveler et améliorer la forêt afin d’atteindre les objectifs d’aménagement touchant la matière ligneuse, la faune, les loisirs, les paysages, la conservation et la gestion de l’eau. |
Historique De 1910 à 1950, la sylviculture au Canada s’est surtout préoccupée de planter des arbres sur les exploitations agricoles des Prairies ainsi que sur les terres agricoles abandonnées de l’est du pays. Dans les forêts publiques, on se fiait à la régénération naturelle qui succédait à la coupe. De 1950 à 1970, on s’est efforcé d’aider la régénération naturelle en modifiant les méthodes de coupe, en scarifiant et en préparant des prescriptions sylvicoles de nature écologique pour favoriser la régénération naturelle. On a alors mis sur pied des programmes de plantation et d’amélioration des arbres. Au cours des années 70 et 80, on a insisté sur la plantation d’arbres de qualité et sur le traitement des terres insuffisamment reboisées, y compris l’utilisation accrue des herbicides (Weetman, 1982). De 1980 à 1990, les programmes de plantation se sont amplifiés au point d’englober le quart de la superficie annuellement coupée, qui est d’environ 900 000 ha (Kuhnke, 1989). Dans certaines provinces, on distingue les travaux obligatoires de base exigés sur les permis ou les concessions jusqu’à ce que la régénération soit bien établie, autonome, et les pratiques sylvicoles d’appoint ou intensives qui visent à améliorer et à accélérer les performances des peuplements. À l’origine, la plupart des programmes sylvicoles ont été réalisés par des organismes de l’État. Au cours des années 80, avec la privatisation de ces programmes, les entreprises privées de sylviculture ont rapidement prospéré. De plus en plus, on insiste sur la conception et l’adaptation des programmes d’aménagement et de sylviculture aux structures d’âge des forêts afin d’assurer la continuité de la production de bois. Dès 1990, la plus grande partie de la possibilité forestière excédentaire des provinces avait été absorbée par la nouvelle expansion industrielle. La plupart des opérations de coupe se poursuivent et se poursuivront dans les vieilles forêts vierges, mais celles-ci seront bientôt épuisées. Auparavant, les pratiques sylvicoles étaient soucieuses presque exclusivement de la réussite de la régénération. On en est maintenant à un dosage plus équilibré et mieux conçu de régénérations et de travaux sylvicoles, à partir de prescriptions sylvicoles établies antérieurement à la récolte. Ce changement d’orientation a fait converger l’attention vers la coupe d’éclaircie précommerciale, l’élagage, l’amélioration des arbres, la coupe d’éclaircie commerciale et la fertilisation en vue de l’obtention de peuplements de qualité dans le délai imposé par le recul des réserves de forêts anciennes. Comme le public se préoccupe de plus en plus de l’aspect visuel et des effets écologiques de la coupe à blanc (la principale méthode de récolte), les programmes sylvicoles cherchent de plus en plus à s’appuyer sur des méthodes de rechange convenables qui satisfont aux contraintes de l’utilisation intégrée imposées par les demandes du public, celles des aménagistes de la faune, des loisirs, des bassins hydrographiques et par la nécessité d’une régénération couronnée de succès. |
Sylviculture intensive Après l’établissement du peuplement, on peut améliorer la valeur du bois que l’on en tirera ainsi que la valeur des autres ressources de la forêt en faisant appel à la sylviculture intensive. Coupes d’éclaircie précommerciales Un peuplement ne peut produire qu’un volume donné de bois dans l’année, lorsque la station est complètement occupée par les arbres. L’éclaircie précommerciale vise donc à réduire le nombre d’arbres pour concentrer la production en volume sur un nombre plus restreint d’individus d’espèces recherchées. Ces coupes sont pratiquées manuellement, au moyen de scies débroussailleuses et de tronçonneuses ou, mécaniquement, au moyen de scies ou de fléaux montés sur des tracteurs. On homogénéise ainsi le peuplement, on accroît la taille moyenne des arbres, et on réduit l’âge d’exploitabilité. La mécanisation est très difficile et très coûteuse. Souvent, il faut plus d’une journée-personne à l’hectare. Malgré les coûts élevés, la pratique est répandue, puisque en accélérant l’exploitation des jeunes peuplements on peut également accélérer la récolte des vieux peuplements surannés de l’unité d’aménagement, ce qui rapporte plus que ce qu’il faut pour éponger les coûts de l’éclaircie précommerciale. Cela permet également d’abaisser les coûts de l’exploitation et d’augmenter la valeur des produits. On améliore souvent en même temps l’habitat faunique et les valeurs esthétiques de la forêt. Faute d’éclaircie précommerciale, les peuplements qui occupent des stations peu fertiles peuvent ne jamais être exploitables. Les peuplements traités peuvent conserver jusqu’à la récolte la densité de tiges ainsi obtenue, ou ils peuvent subir ultérieurement une ou plusieurs éclaircies commerciales. On qualifie la pratique de précommerciale parce qu’elle est appliquée peu après la fermeture du couvert, c’est-à-dire le moment où les cimes se joignent. Les arbres sont alors relativement petits et aucun débouché n’existe pour le bois coupé. Coupes d’éclaircie commerciales Jusqu’à 30 % du volume total de production d’un peuplement peut être perdu du fait de la mortalité provoquée par la concurrence (c’est-à-dire que les petits arbres des peuplements denses meurent faute d’espace). L’éclaircie commerciale constitue un moyen de récupérer cette perte et de tirer un premier revenu d’un peuplement, par la récolte des arbres suffisamment gros pour posséder une certaine valeur. Dans la pratique, il est presque impossible d’empêcher tout à fait les pertes dues à la mortalité potentielle parce qu’il faudrait que les éclaircies soient légères et répétées si chaque éclaircie doit laisser des volumes résiduels suffisants pour maintenir la vitesse de croissance du peuplement. En raison de leur coût élevé et des conditions actuelles du marché canadien, la plupart des éclaircies ne sont pas rentables. En effet, elles sont le plus souvent légères et répétées, et leur produit ne peut pas être mis en marché. Même une éclaircie unique n'est pas toujours économique. Les éclaircies commerciales sont plus susceptibles d’être économiques si la densité des tiges a été réglée dès l’implantation ou au moyen d’éclaircies précommerciales. Actuellement, les éclaircies commerciales sont très peu pratiquées au Canada, surtout parce que la densité et la composition en essences s’y prêtent peu, parce que le coût de l’éclaircie est élevé et que la valeur du bois sur pied est faible. Élagage et taille de formation Après avoir réduit la densité des tiges dans les peuplements au point où, même s’ils sont jeunes, on peut reconnaître les arbres qui vaudront la peine d’être récoltés, l’élagage devient une possibilité. Grâce à l’élagage, on valorise chaque arbre en supprimant prématurément les branches inférieures de sorte qu’un bois net de nœuds se formera autour d’un cœur noueux. Les branches de plusieurs essences utiles ne s’élaguent pas de façon spontanée et persistent sur la tige même après la mort de l’arbre due au manque de lumière. Les branches vivantes et mortes sont coupées au ras du tronc au moyen de scies à main, la mécanisation étant très difficile. L’élagage répété est nécessaire afin d’assurer une forme cylindrique au cœur noueux sans trop supprimer de branches vivantes de la cime. L’opération est très coûteuse et, pour qu’elle soit économique, il faut que la valeur sur pied du bois net de nœuds soit considérablement plus grande que celle du bois noueux et que le peuplement ait été soumis à une éclaircie. Comme ces conditions sont rares au Canada, l’élagage reste peu pratiqué. Avec l’augmentation du nombre de peuplements soumis à des éclaircies précommerciales et avec l’épuisement des réserves de vieux bois net de défauts, l’élagage deviendra économiquement plus attrayant. Le traitement exige un délai de 20 à 30 ans avant qu’un arbre puisse produire un volume suffisant de bois net de nœuds. Les essences qui y sont le plus communément soumises sont le pin blanc et le douglas taxifolié. La taille de formation est une opération pratiquée dans les plantations d’arbres de Noël : on façonne l’arbre pour en faciliter la vente. L’opération se fait au moyen de cisailles. Les pins sont traités au cours de la croissance des pousses apicales. Les autres conifères sont taillés après la formation des bourgeons. L’amélioration d’un peuplement, c’est la suppression, par la coupe ou par des substances toxiques, de certains arbres difformes et indésirables dans un vieux peuplement. On y recourt habituellement dans les peuplements de feuillus qui n’ont pas été entretenus, qui renferment des arbres d’une valeur certaine mêlés à des arbres moins précieux. Habituellement, cette pratique ne produit aucun revenu, sauf peut-être du bois de chauffage. Il s’agit de privilégier la capacité de croissance des arbres les plus précieux, sans réduire à outrance le volume du matériel sur pied et sans perte d’accroissement. L’est du Canada est couvert de très vastes forêts de feuillus tolérants, dont on a souvent écrémé les arbres ayant la plus grande valeur. Délabrés, ces peuplements doivent être améliorés. Actuellement, ce type de traitement est peu pratiqué en raison des coûts élevés et de l’absence de revenus immédiats. On peut accélérer la croissance des arbres et des peuplements par un apport supplémentaire d’éléments nutritifs essentiels. Contrairement aux cultures agricoles, les écosystèmes forestiers recyclent les éléments nutritifs. Pourtant, ce qui limite la croissance des peuplements forestiers, ce sont d’abord les éléments nutritifs disponibles, avant le climat, la température ou l’humidité. L’épandage d’engrais granulés se fait à partir d’hélicoptères sur des peuplements forestiers choisis, et constitue une opération coûteuse. Comme le bois supplémentaire obtenu au moyen de la fertilisation est d’un coût élevé, les arbres ainsi traités doivent former le peuplement final (un peuplement éclairci à la densité finale des tiges) et la valeur du bois sur pied doit être élevée. Une condition favorable serait un déficit du volume du peuplement dans certaines classes d’âge de l’unité d’aménagement. Il importe de savoir que le peuplement pourra bien réagir au traitement. La plupart des peuplements sont fertilisés après la fermeture du couvert, habituellement à la densité finale des tiges. On fertilise aussi à la plantation ou immédiatement après. Pour que l’opération soit couronnée de succès, il faut combattre la végétation concurrente et poser un diagnostic juste de l’équilibre nutritif de la régénération. Le drainage des stations, notamment des sols organiques, recèle la vaste possibilité d’améliorer l’accroissement des peuplements. Même s’il est largement pratiqué dans les forêts boréales de la Finlande où on manque de bois et de terrains pour le faire croître, au Canada on l’utilise uniquement à titre expérimental, habituellement dans les muskegs à épinettes noires. À cette fin, on utilise des charrues forestières géantes ou des rétrocaveuses de conception spéciale. L’écartement entre les fossés de drainage et la profondeur de ces derniers doivent correspondre rigoureusement aux caractéristiques hydrologiques ainsi qu’à la classification de la matière organique. |
Pratiques sylvicoles spéciales La plupart des pratiques de sylviculture intensives visent à améliorer la production de bois. Il en existe qui visent d’autres objectifs. L’aménagement des vergers à graines Ce type d’aménagement vise à maximiser la production de cônes. Par le drainage, on limite l’humidité du sol; par l’irrigation au moyen de conduites verticales de pulvérisation, on retarde la formation des bourgeons jusqu’à ce que les sources locales de pollen aient cessé de produire; par l’application répétée d’engrais azotés et la cicatrisation basale, on stimule la formation des bourgeons à fleurs femelles; par la taille radicale du houppier, on facilite la cueillette des cônes. Enfin on a recours à l’amélioration génétique par pollinisation croisée, ainsi qu’aux tests de descendance et à l’élimination des sujets insatisfaisants. La gestion des pépinières forestières comprend plusieurs techniques spécialisées qui se rapprochent plus de l’agronomie que de la sylviculture. Chaque pépinière fait face à certains problèmes qui doivent être résolus à force d’essais et d’erreurs. Les semis en croissance en plein air sont généralement issus de semences et sont à racines nues, c’est-à-dire que leurs racines seront séparées de leur milieu de croissance quand ils seront transportés sur le terrain de reboisement. Le rétablissement du contact entre les racines et le sol constitue une phase cruciale et comporte un inconvénient fondamental puisque la plantation ne peut s’effectuer qu’au cours d’une courte période correspondant à la croissance rapide des racines. Les autres techniques de production de semis forestiers, soit les boutures végétatives et les plants en récipient, ont connu, surtout pour la dernière méthode, une croissance phénoménale au cours des dernières années. Sylviculture des zones de loisir et sylviculture paysagère Ces formes de sylviculture comportent l’amélioration des peuplements, les éclaircies précommerciales et commerciales de même que l’aménagement de la végétation afin de répondre aux besoins des campeurs, des excursionnistes et des automobilistes qui passent en touristes dans les parcs, dans les aires de loisirs ainsi que dans les forêts commerciales. Les critères de l’aménagement paysager exigent souvent des modifications majeures de la disposition des parterres de coupe, du choix du régime sylvicole et même du choix des essences plantées. L’élagage des arbres sur le bord des routes forestières permet d’apercevoir l’intérieur des peuplements. Ces derniers sont délibérément façonnés par les pratiques sylvicoles afin d’améliorer l’habitat de la faune. À l’échelon du peuplement, on a recourt à la coupe d’éclaircie précommerciale et commerciale de même qu’à la fertilisation afin d’encourager la production fourragère sous le couvert forestier, au traitement de jardinage le long des cours d’eau afin de protéger les habitats riverains et maintenir la fraîcheur de l’eau ainsi qu’à l’abandon délibéré des chicots, des arbres morts et des arbres loups, afin de favoriser la nidification. Pour favoriser la pousse du fourrage et retarder le processus naturel de succession, on allume des incendies dirigés sur les superficies coupées à blanc, sur les prairies forestières et dans les peuplements. L’ensemencement de graminées est une pratique commune sur les superficies coupées à blanc sur les parcours ouverts de l’Ouest où les bovidés pâturent. |
Relevés sylvicoles et tenue de registres L’une des caractéristiques essentielles de la foresterie réside dans la planification des mesures sylvicoles de façon à satisfaire aux objectifs d’aménagement envisagés par les propriétaires. La planification exige une excellente tenue des registres ainsi que le contrôle des performances des peuplements au moyen de relevés. Les relevés sylvicoles peuvent porter sur la régénération et les retards dans le reboisement, sur la plantation des semis et leur établissement. Toutes ces données sont intégrées à des registres qui tracent l’historique des peuplements, ces registres étant à leur tour des éléments des systèmes de planification et d’inventaire de la forêt. Après toute coupe à blanc, il faut faire des relevés sylvicoles au cours des 10 à 40 années que prend le nouveau peuplement pour atteindre la fermeture du couvert. Pour le Canada, cela signifie une charge annuelle de travail sur un à trois millions d’hectares. Ces relevés peuvent s’effectuer sur le terrain ou par une forme quelconque de télédétection. Dans le premier cas, il peut s’agir d’une simple promenade ou d’un échantillonnage sur de nombreuses petites placettes, temporaires et permanentes, établies selon un quadrillage des superficies coupées. On y examine la fréquence des essences ainsi que la densité et la hauteur des tiges, et on note la présence d’insectes, de maladies et d’autres dégâts, ainsi que la concurrence des espèces indésirables. Comme la plupart des forêts commerciales du Canada sont concédées à bail pour la récolte du bois, les concessionnaires étant légalement tenus d’assurer une régénération ou d’amener les semis au stade de l’autonomie de croissance, les relevés équivalent à des inspections des performances. Dans certaines provinces, on en confie le soin à des vérificateurs agréés par la province. Les systèmes où l’on prend en note les données sur les antécédents des peuplements sont habituellement des systèmes de stockage et d’extraction informatisés qui s’appliquent à un peuplement à la fois. Souvent accouplés à un système d’information géographique et à un système plus général et intégré de planification et d’inventaire de la forêt, ils sont mis au point et entretenus par des sociétés autorisées ainsi que par les administrations provinciales. Le Canada ne possède pas de système national d’enregistrement des antécédents des peuplements. |
Préparation des plans d’aménagement Le dernier grand volet de la sylviculture, si on excepte les aspects administratifs et juridiques de la passation de marchés, dont il ne sera pas question ici, c’est la préparation des plans d’aménagement. Cette pratique sylvicole consiste a évaluer les peuplements pour mesurer le matériel sur pied, la structure du peuplement, la composition en essences, la fertilité et le régime de l’humidité, l’ampleur de la régénération, la situation des lits de germination et des sources de semence, l’embroussaillement, la valeur sur le plan du paysage, des loisirs et des habitats fauniques; à planifier l’implantation du peuplement et les soins culturaux; à rédiger des prescriptions détaillées; à mettre en œuvre les mesures prévues et à surveiller leur exécution, à l’échelon du peuplement; et à déterminer les répercussions de ces travaux sur les objectifs fixés pour l’ensemble de la forêt. Ces analyses et prescriptions formelles sont obligatoires dans certaines provinces pour chaque superficie coupée et elles doivent être signées par un ingénieur forestier (des milliers sont exigées chaque année). Elles sont devenues nécessaires en raison des controverses soulevées par l’utilisation intégrée des forêts (bois, loisirs, faune, sites, conservation de la nature) et parce que la variabilité et la complexité biologiques des forêts n’autorisent pas de traitements normalisés. L’inventaire du peuplement correspond à diverses solutions de rechange, toutes possibles, pour l’aménagement du peuplement, solutions qui répondent aux objectifs des propriétaires et qui sont économiques. On retient la meilleure et on élabore un plan pluriannuel détaillé de mise en œuvre, avec recommandations sur les prix et les détails de la marche à suivre. Tout ce processus ressemble au travail effectué par les ingénieurs et les architectes. La préparation et l’exécution réussie d’un plan de travaux sylvicoles est le test ultime pour démontrer le professionnalisme et la capacité d’un sylviculteur canadien. |
